En bref
- Deux familles de montage dominent : la méthode à 2 aiguilles (dite anglaise) et la méthode au pouce (dite française), toutes deux réalisables avec une seule pelote.
- Pour tricoter en rond sur aiguilles circulaires, le montage se fait à plat puis se referme en cercle grâce à un anneau marqueur, sans vriller les mailles.
- Le nombre de mailles à monter dépend toujours de l’échantillon (mailles pour 10 cm) et non d’un chiffre universel valable pour toutes les laines.
- Les augmentations (M1L, M1R, jeté) et diminutions (2 mailles ensemble, surjet) permettent de façonner un ouvrage une fois le montage terminé.
- Une débutante qui bloque sur le montage n’a pas un problème de dextérité : elle a presque toujours choisi la mauvaise méthode pour son projet.
Vous voulez monter des mailles mais ne savez pas par où commencer entre la méthode à deux aiguilles, celle au pouce ou le montage sur aiguilles circulaires ? Voici la réponse directe : il n’existe pas une seule bonne façon de monter les mailles, mais plusieurs, chacune adaptée à un usage précis. Pour un premier tricot simple (écharpe, carré, bonnet plat), la méthode au pouce suffit largement. Pour un montage élastique qui doit s’étirer (bord de pull, chaussette), la méthode à deux aiguilles ou la version anglaise donnent un bord plus souple. Pour tricoter en rond sans couture (bonnet, manche de pull), il faut monter sur aiguilles circulaires puis « joindre » le rang.
Cet article détaille chaque méthode pas à pas, avec les erreurs qui bloquent le plus souvent les débutantes, puis explique comment augmenter et diminuer une fois le montage terminé.
Pourquoi la méthode de montage change tout
Beaucoup de tricoteuses débutantes apprennent une seule technique de montage et l’utilisent pour tous leurs projets, sans savoir qu’il en existe d’autres mieux adaptées. Résultat : un bord de pull qui ne s’étire pas assez pour passer la tête, ou un châle dont la première rangée est si serrée qu’elle fait « cintrer » tout l’ouvrage.
Le montage des mailles fixe trois choses en même temps : le nombre de mailles de départ, la tension du bord (élastique ou rigide) et l’aspect visuel du premier rang. Une méthode de montage n’est donc jamais neutre. Le blog Katia recense d’ailleurs six techniques différentes rien que pour cette première étape (Katia Academy), preuve qu’il ne s’agit pas d’un détail technique mais d’un vrai choix éditorial pour chaque patron.
Avant de choisir, une seule question compte : le bord final doit-il être souple et extensible (col, poignet, chaussette) ou net et stable (bordure de sac, dessous de coussin) ? La réponse oriente directement vers l’une des méthodes ci-dessous.
Monter les mailles avec 2 aiguilles (méthode anglaise)
C’est la méthode la plus enseignée en premier, car elle ne demande qu’une seule aiguille de travail à la fois et se rapproche du geste du tricot classique.
Étapes pas à pas
Faites un nœud coulant simple sur l’aiguille : c’est votre première maille. Piquez la deuxième aiguille dans cette maille comme pour tricoter à l’endroit, faites passer le fil autour de l’aiguille droite, puis ramenez la nouvelle boucle sur l’aiguille gauche sans la faire glisser de la droite. Vous obtenez une deuxième maille. Répétez l’opération : chaque nouvelle maille se pique dans la dernière maille montée sur l’aiguille gauche, jamais dans le nœud de départ.
Ce qui bloque le plus souvent
Le fil est tiré trop fort après chaque maille, ce qui rend le rang suivant presque impossible à tricoter : l’aiguille ne rentre plus dans les mailles. La correction est simple, il suffit de laisser les mailles glisser librement sur l’aiguille, sans les serrer contre la pointe. Cette méthode convient bien aux ouvrages qui ne nécessitent pas une grande élasticité du bord, comme un sac, un coussin ou un carré de couverture (« monter les mailles tricot facile », dans la pratique, correspond presque toujours à cette technique).
Monter les mailles avec le pouce (méthode française)
Cette méthode utilise le pouce de la main gauche pour former chaque boucle, d’où son autre nom de « montage français ». Elle a l’avantage de calculer d’un seul geste la longueur de fil nécessaire, contrairement à la méthode à deux aiguilles où l’on part directement de la pelote sans réserve de fil à prévoir.
Étapes pas à pas
Laissez une longueur de fil libre (environ trois à quatre fois la largeur finale de votre ouvrage, pour ne pas manquer de fil en cours de montage). Enroulez ce fil libre autour du pouce gauche en formant une boucle, glissez l’aiguille dans cette boucle en passant par-dessous le pouce, puis resserrez en gardant le fil de la pelote tendu avec l’index. Répétez le geste pour chaque maille : boucle sur le pouce, aiguille qui pique dedans, resserrage.
Pourquoi cette méthode est souvent recommandée aux débutantes
Le montage au pouce donne un bord plus élastique que la méthode à deux aiguilles, ce qui le rend adapté aux bords de pull, aux poignets de manches et aux chaussettes. C’est aussi la méthode la plus rapide une fois maîtrisée, car elle ne demande qu’une seule main active sur l’aiguille. Le principal piège reste la longueur de fil de départ : si elle est trop courte, il manque du fil à la dernière maille et il faut tout recommencer. Mieux vaut prévoir large plutôt que de recompter au dernier rang.
Monter les mailles sur aiguilles circulaires (tricoter en rond)
Le montage sur aiguilles circulaires ne change pas la technique de base (pouce ou deux aiguilles fonctionnent toutes les deux), mais ajoute une étape supplémentaire : refermer le rang en cercle pour tricoter en rond, sans couture.
Étapes pas à pas
Montez le nombre de mailles indiqué dans le patron avec la méthode de votre choix, directement sur le câble souple de l’aiguille circulaire. Étalez ensuite toutes les mailles sur le câble en vérifiant qu’aucune n’est vrillée : chaque maille doit avoir sa boucle tournée du même côté, sans croisement, tout le long du montage. Rapprochez les deux extrémités de l’aiguille circulaire, placez un anneau marqueur sur l’aiguille droite pour repérer le début du tour, puis piquez dans la première maille montée en tirant fermement pour éviter un espace visible entre le début et la fin du rang.
L’erreur qui oblige à tout recommencer
Une maille vrillée au moment de joindre le rang en rond ne se rattrape pas : elle donne une torsade involontaire visible sur toute la hauteur du tricot. Il faut vérifier l’alignement des mailles avant de piquer le premier point, pas après (Conseils Tricot). Cette vigilance concerne aussi bien un bonnet qu’une manche de pull tricotée en rond, ou un tricot en rond destiné à devenir un vêtement sans couture latérale.
À l’anglaise ou au pouce : quelle différence concrète ?
Le terme « montage anglais » désigne presque toujours la méthode à deux aiguilles décrite plus haut, par opposition au « montage français » réalisé au pouce. Dans la pratique, la différence se voit surtout au toucher du bord fini : le montage anglais donne un bord plus net et plus rigide, tandis que le montage au pouce reste plus souple et plus extensible.
Le choix entre les deux dépend donc moins de la difficulté technique (les deux sont accessibles dès la première pelote) que du rendu final recherché. Une couturière qui monte un sac en tricot privilégiera l’anglaise pour la tenue de la forme ; une tricoteuse qui monte un bonnet ou une paire de chaussettes ira vers le montage au pouce pour l’élasticité.
Monter les mailles pour les nuls : la version sans jargon
Si les deux méthodes précédentes semblent encore abstraites, voici la version la plus simple à mémoriser pour une toute première pelote : faites une boucle avec le fil autour de vos doigts, glissez l’aiguille dedans, resserrez doucement, et répétez le geste en gardant toujours la même tension entre chaque boucle. Le nombre exact de gestes correspond au nombre de mailles demandées dans le patron.
Le seul repère qui compte vraiment au début n’est pas la vitesse d’exécution, mais la régularité : des mailles montées à des tensions différentes donnent un bord irrégulier, avec certaines mailles plus lâches que d’autres. Mieux vaut monter lentement et de façon homogène que vite et de travers, quitte à défaire et recommencer une ou deux fois sur les dix premières mailles.
Un repère utile transmis de génération en génération entre tricoteuses passionnées, la fameuse « joueuse de pelote » de la famille ou du cercle d’amies : ne jamais compter le nœud de départ comme une maille à part entière s’il doit être défait ensuite. C’est une confusion fréquente qui fausse le nombre total de mailles montées.
Combien de mailles monter selon la laine utilisée
Le nombre de mailles à monter ne se devine pas : il se calcule à partir de l’échantillon, c’est-à-dire le nombre de mailles obtenu sur 10 cm avec une laine et des aiguilles données. Une laine fine tricotée sur des aiguilles de petit diamètre (type laine à chaussettes, marques comme Phildar) donnera un échantillon plus dense qu’une laine épaisse tricotée sur de grosses aiguilles. C’est pourquoi un patron indique toujours son échantillon de référence en tête de fiche : c’est ce chiffre qu’il faut reproduire, pas un nombre de mailles fixe valable pour toutes les laines.
Concrètement, pour obtenir la largeur voulue, on multiplie le nombre de mailles de l’échantillon (pour 10 cm) par la largeur cible en centimètres, divisée par dix. Une fiche technique de laine (Phildar ou toute autre marque) précise cet échantillon directement sur l’étiquette, ce qui évite de deviner à l’aveugle.
Augmentations et diminutions : la suite logique du montage
Une fois le rang de montage terminé, la plupart des ouvrages demandent de façonner la pièce en ajoutant ou en retirant des mailles au fil des rangs. C’est là qu’interviennent les augmentations et diminutions.
Les augmentations
Pour un rendu invisible, sans trou dans le tricot (épaule de pull, dessous de manche), la technique la plus utilisée reste l’augmentation intercalaire, notée M1L ou M1R selon le sens : on tricote dans le brin horizontal situé entre deux mailles, sans piquer dans une maille existante. Pour un motif ajouré ou de la dentelle, le jeté est la technique adaptée : il crée volontairement un petit trou décoratif qui fait partie du motif recherché.
Les diminutions
Pour réduire le nombre de mailles, deux techniques dominent : tricoter deux mailles ensemble (la diminution la plus simple, inclinée vers la droite) et le surjet simple (glisser une maille, en tricoter une autre, puis rabattre la maille glissée par-dessus), incliné vers la gauche. Utiliser systématiquement la même diminution des deux côtés d’un ouvrage donne un rendu asymétrique ; alterner les deux orientations selon le côté du tricot donne un résultat symétrique et professionnel.
Répartir plutôt qu’isoler
L’erreur fréquente consiste à penser chaque augmentation ou diminution isolément, alors qu’un patron parle presque toujours de « zones » d’augmentations ou de diminutions réparties sur plusieurs rangs. Une emmanchure de pull, par exemple, ne se façonne jamais avec une seule diminution mais avec une série régulière, répartie en hauteur autant qu’en largeur, pour obtenir une courbe progressive plutôt qu’un angle brutal.
Quelle méthode choisir selon le projet
Pour une écharpe, un carré de couverture ou un sac, la méthode à deux aiguilles suffit et donne un bord stable. Pour un bonnet, des chaussettes ou un poignet de pull, le montage au pouce apporte l’élasticité nécessaire. Pour tout ce qui se tricote sans couture (bonnet en rond, manche de pull, chaussette), direction les aiguilles circulaires avec l’une ou l’autre méthode de base, refermée en cercle grâce à un anneau marqueur.
Dans tous les cas, le nombre de mailles à monter dépend de l’échantillon réel obtenu avec la laine et les aiguilles utilisées, jamais d’un chiffre standard recopié d’un projet à l’autre.
FAQ
Combien de méthodes existe-t-il pour monter les mailles ?
Les tutoriels de référence en recensent généralement six, mais dans la pratique quotidienne, deux dominent largement : la méthode à deux aiguilles (montage anglais) et la méthode au pouce (montage français), les autres étant des variantes plus techniques réservées à des besoins précis comme un montage provisoire ou un bord très élastique.
Quelle est la différence entre monter les mailles à l’anglaise et avec 2 aiguilles ?
Il s’agit en réalité de la même technique : « montage anglais » et « montage à deux aiguilles » désignent la même méthode, par opposition au montage au pouce dit « français ».
Comment monter les mailles pour tricoter en rond sans les vriller ?
Étalez toutes les mailles montées sur le câble de l’aiguille circulaire en vérifiant qu’aucune boucle n’est croisée, avant de refermer le rang. Une fois le premier point piqué pour joindre le rang, une maille vrillée ne se corrige plus sans tout défaire.
Combien de mailles dois-je monter pour mon projet ?
Cela dépend uniquement de l’échantillon obtenu avec votre laine et vos aiguilles (nombre de mailles pour 10 cm), multiplié par la largeur souhaitée. Le patron ou l’étiquette de la laine (Phildar ou une autre marque) indique cet échantillon de référence.
Le montage au pouce est-il plus difficile que le montage à deux aiguilles ?
Non, il demande simplement un geste différent : une boucle formée autour du pouce plutôt qu’un point piqué avec une deuxième aiguille. La seule difficulté réelle est de prévoir assez de fil libre au départ pour ne pas en manquer avant la dernière maille.
Quelle méthode de montage donne le bord le plus élastique ?
Le montage au pouce donne généralement un bord plus souple et plus extensible que le montage à deux aiguilles, ce qui le rend préférable pour les cols, poignets et chaussettes.
Comment répartir des augmentations ou diminutions sur un rang ?
On ne place jamais une augmentation ou une diminution isolée : on répartit une série régulière sur plusieurs rangs et sur toute la largeur concernée, pour obtenir une courbe progressive plutôt qu’un angle net.
Peut-on monter des mailles avec une seule aiguille ?
Oui, certaines méthodes comme le montage à l’italienne se réalisent avec une seule aiguille de travail, sans deuxième aiguille ni fil supplémentaire à calculer, mais elles restent moins enseignées aux débutantes que les méthodes à deux aiguilles ou au pouce.
Monter les mailles n’est jamais qu’une formalité technique : c’est le choix qui détermine si votre bord fini sera souple ou rigide, net ou élastique. Commencez par identifier le rendu recherché pour votre projet, puis choisissez la méthode adaptée parmi celles présentées ici plutôt que de vous en tenir à la première apprise. Une fois le montage maîtrisé, les augmentations et diminutions ouvrent la voie à des formes plus travaillées : pull, bonnet, chaussette. Si vous débutez tout juste, une pelote de laine simple et deux aiguilles adaptées à son épaisseur suffisent pour vous entraîner sans pression sur les dix premières mailles.
